LUXAA

 

L'EXPO PHOTO LUXAA




Voici quelques informations pour tout savoir de LUXAA, de sa démarche, de sa programmation et de ses actions. Pour plus de précisions sur chaque évènement, nous vous invitons à consulter la rubrique « Agenda ».
 

Qu’est-ce que LUXAA ?

 
LUXAA, c’est un acronyme accrocheur du latin (tout de suite moins accrocheur) "Lux ad alia", "la lumière vers les autres". LUXAA avance une définition de l’Art selon laquelle les concepts d’Ailleurs et d’Altérité sont, de manière universelle et intemporelle, constitutifs du geste artistique. Le geste artistique reflète les rapports que l’artiste entretient avec l’altérité, avec ce qui au sens large "est différent". "L’Autre" et "l’Ailleurs" sont nécessairement l’origine et la finalité de la création artistique. L’origine, puisque la création artistique est tendue vers un idéal, une abstraction de la réalité, à laquelle l’artiste appartient plus ou moins mais ne s’y rapporte jamais entièrement. La finalité, parce que l’art est tourné vers l’extérieur, vers autrui. L’artiste fait le lien entre cette origine et cette finalité, car si son art est tendu vers l’altérité, c’est lui-même que l’artiste recherche. La notion d’altérité, est infinie, et ne peut admettre de définition que du point de vue de l’individu. C’est tout ce dans quoi l’individu peut verser sa conscience, c’est la moindre "différence", c’est l’extérieur : le monde entier.
A. Boulet et M. Lavigne Auger, deux étudiants de la licence Humanités de L'Université Paris Nanterre, ont remué leurs méninges pour définir l'altérité et rendre son concept applicable à toute expression artistique. Nous vous proposons de lire un condensé de cette réflexion que nous avons fait porté sur le XIXe siècle.

C’est logique comme LUXAA !

 
 
Aucune autre époque dans l’Occident européen que le XIXème siècle (et par là nous ne considérons que les arts classiques) n’a su mieux illustrer l’inhérence de « l’altérité » à l’art. Que ce soit l’idéalisme romantique du début du siècle ou ses expressions postérieures sous-jacentes (Parnasse, Symbolisme, Frénétisme), ou qu’il s’agisse du retour désillusionné du Réalisme, duquel l’Impressionnisme puis le Surréalisme au XXème siècle ont découlé ; tous ces courants ont exploré des confins inconnus de « l’Ailleurs ». Les canons classiques progressivement mis au placard, ont laissé place à une pensée artistique qui a, de fait, toujours été motivée par le renouvellement de ses techniques et de ses sujets. Ces sujets témoignent d'attirances différentes : le goût des Néo-Classiques pour les mythes et l'histoire, le mysticisme religieux des Romantiques ou l'exotisme des Orientalistes et des Japonistes.
 
Quoiqu’on puisse unifier l’art sous le signe de l’altérité, ces expressions sont néanmoins multiples. Il y aurait même plutôt des rapports contradictoires d'un courant à un autre. On peut d'ailleurs proposer quelques paradigmes. L’intérêt frénétique du Romantisme noir pour l’Onirisme et l’Orphisme tandis que s'opère le retour pragmatique du Réalisme ; ou encore l’étude parnassienne du sens alors que les Surréalistes se plongent dans les méandres de l’inconscient. Autant de versions de "l’Ailleurs" qui ont peuplé le paysage artistique, mais qui ont aussi renouvelé les techniques de production et la matérialité des œuvres d’art. A mesure que l’artiste s’approche de "l’Ailleurs", il s’écarte des règles académiques. Les œuvres réalisées d’après nature s’émancipent de la réalité. Tandis que les Réalistes croyaient peindre la réalité, les Impressionnistes, qui les suivent, flirtent avec la vérité. On simplifie les formes, on densifie les couleurs, on libère le trait jusqu’à abstraire l’œuvre de toute tangibilité. Seule l’expression artistique compte désormais : le temps de l’Expressionnisme. Et alors que l’artiste investie tous les champs de "l’Ailleurs", "l’Ici-et-maintenant" de la réalité réapparait comme jamais auparavant, c’est l’avènement de la Photographie.
 
La photographie a, nous devons le dire, l’inconvénient de son réalisme. Elle n’a ni la plasticité, ni la maniabilité d’une peinture. Elle n’idéalise pas, n’imagine pas, en définitive, elle échappe à un bon nombre « d’Ailleurs » que nous citions plus tôt. Le support photographique rend la représentation de « l’Ailleurs » moins spontanée que ce que beaucoup d’autres types de support facilitent. Il en va de même, quant à la technique. Le support photographique offre peu de nuance, ou plutôt les effets qu’il rend dépendent moins de l’imagination du photographe que de la réunion de conditions opportunes. Cependant, « l’Autre » n’aura jamais trouvé meilleure place que devant un objectif. Elle entretient plus encore que les autres arts un rapport étroit à l’altérité. En donnant accès à la représentation sociale, elle a, plus qu’aucune autre technique artistique, fait le lit du progrès social.
 

Mis à jour le 25 mars 2017